Les numérotations généalogiques
Quand votre base de données généalogiques commence à
comporter un nombre considérable d’individus, ce qui arrive
très vite, les différentes méthodes de numérotation vous aident
à vous y retrouver et à suivre plus facilement les
filiations.
Vous remarquerez aussi très vite que certains individus
apparaissent plusieurs fois dans vos arbres : ce
phénomène est appelé implexe.
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Numérotation Sosa-Stradonitz
Il existe en généalogie ascendante, un système de
numérotation très simple, inventé par un certain Eyzinger en
1590, utilisé par un certain Sosa puis repris par un certain
Stradonitz. Ce système est maintenant connu sous le nom de
numérotation Sosa-Stradonitz.
C'est très simple : on donne le numéro 1 à la personne dont
on établit l'ascendance (soi-même le plus souvent ou son ou ses
enfants). Son père porte le numéro 2 (double de 1) et sa mère
le numéro 3 (numéro du père + 1), et ainsi de suite...
Conséquences intéressantes :
• un père a toujours un numéro double de celui de son fils
et la moitié de celui de son propre père,
• un homme a donc toujours un numéro pair, une femme un
numéro impair, à l'exception du numéro 1 qui est soit un homme
soit une femme,
• chaque numéro impair correspond au plus récent porteur
d'un nouveau nom de l'ascendance,
• on peut préparer et numéroter les tableaux à l'avance,
chaque personnage y trouvant naturellement sa place,
• le nombre d'ancêtres à chaque génération correspond
au numéro de l'ancêtre en ligne agnatique du numéro 1, c'est à
dire : 2, 4, 8, 16, 32, 64, 128 et 512 à la 9e génération.
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La numérotation d'Aboville
Cette méthode mise au point vers 1940 par le comte Jacques
d'Aboville s'applique aux généalogies descendantes.
Elle repose sur un principe unique : les descendants d'un
personnage reçoivent son numéro auquel on ajoute le numéro
d'ordre de naissance et ainsi de suite.
Elle présente un avantage majeur : elle comptabilise les
générations : un numéro à 3 chiffres signifie que nous sommes
en présence d'un descendant à la 3ème génération, un numéro à 4
chiffres, un descendant de la 4ème génération, etc.
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L'implexe
Il s'agit du rapport entre le nombre réel et le nombre
théorique d'ancêtres.
Un calcul rapide va nous aider à comprendre le
phénomène.
Nous avons chacun deux parents, un père et une mère. C’est
une loi biologique à laquelle personne ne déroge, et c’est la
première loi intangible de la généalogie.
Continuons avec nos grands-parents, au nombre de quatre,
puis nos 8 arrière-grands-parents, nos 16 arrière
arrière-grands-parents, 32 aaagp, 64 aaaagp, 128, 256, 1024
…
Quand on remonte d’une génération, chaque individu ayant 2
parents, le nombre d’ancêtres est multiplié par 2.
Admettons qu’il y ait 3 générations par siècle, alors au
début du XXème siècle naquirent vos 4 grands-parents et à
l’époque de Saint-Louis (XIIIème siècle), vous avez
théoriquement 4 x2 x2 … (21 fois) = 8 millions d’
ancêtres pour la 24ème génération.
Au couronnement de Charlemagne en 800, cela vous fait 34
milliards d’ancêtres !
Evidemment, notre planète n’a jamais accueilli plus de 6
milliards d’ êtres humains en même temps.
Vers 1800, la France comptait environ 29 millions
d’habitants, et vers 800, la population de l’Europe entière ne
dépassait pas 50 millions d’âmes.
La faille dans le raisonnement est tout simplement que nos
ancêtres ne sont pas tous distincts : il y a eu des
mariages entre cousins plus ou moins éloignés.
Bien sûr nous avons tous 2 parents distincts, mais imaginons
que grand-père paternel et mon grand-père maternel, soit une
seule et même personne, auquel cas mes parents sont demi-frère
et sœur. Mon grand-père apparaît donc deux fois dans mon
ascendance et je n’ai que 3 grands-parents au lieu de 4, 6
arrière-grands-parents au lieu de 8 etc.
Ce phénomène s’appelle l’ implexe d’ancêtres. Le taux
d’implexe ou taux de consanguinité est le rapport entre le
nombre théorique et le nombre réel d’ancêtres. Dans mon cas,
cela ferait au minimum 1,33 dès la deuxième génération
!
Ainsi, quand les historiens remontent l’ascendance de Saint
Louis, ils trouvent Charlemagne plus de 500 fois à des endroits
différents de l’arbre.
Prenez l’ascendance du conte de Paris, Charlemagne s’y
trouve plus d’un million de fois !
Plus un milieu est fermé, comme au sein des familles
royales, plus le taux d’implexe risque d’être élevé.
Celui d’Alphonse XIII d’Espagne atteint un record : il
n’a que 111 ancêtres différents au lieu de 1024 à la 10ème
génération, ce qui fait un taux d’implexe de 9,22 !
On dit qu’un Français sur dix descend de Saint-Louis et dans
le cas de Charlemagne, ce serait même neuf sur dix. Vous
comprenez maintenant pourquoi !
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